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Brèves du SERVICE ECONOMIQUE REGIONAL DE TUNIS

La National Oil Corporation (NOC) a exprimé son inquiétude face à la présence de mercenaires russes dans le champ de pétrole de Sharara, et a confirmé l’existence de négociations en cours pour lever le blocus pétrolier.
La NOC a annoncé le 21 juin 2020 que les pertes financières causées par la fermeture des installations pétrolières depuis janvier 2020 ont atteint 6,28 Mds USD le 30 juin 2020. Par ailleurs, dans un communiqué le 26 juin 2020, la NOC a déclaré être « profondément préoccupée » par la présence de mercenaires russes et étrangers à l'intérieur du champ de pétrole de Sharara « dont l'objectif est d'empêcher la production de pétrole », après qu’un convoi de véhicules soit entré dans le champ le 25 juin 2020. Enfin, la NOC a confirmé le 29 juin 2020 qu'il y a eu des négociations au cours des dernières semaines avec le GUN, la NOC et les pays régionaux, sous la supervision de l'ONU et des États-Unis, pour reprendre la production de pétrole. Dans un communiqué le 1er juillet 2020, elle a précisé avoir donné des instructions le 20 juin 2020 à toutes les sociétés opérationnelles de commencer à préparer la reprise des opérations, à la lumière des négociations en cours. La NOC a cependant indiqué que les inactions et les retards se poursuivent, et que la force majeure, initialement imposée le 18 janvier 2020, restera en place jusqu'à ce que le général de division Nagi al-Moghrabi, commandant de la Garde des sites pétroliers (Petroleum Facilities Guard – PFG) de l’Est nommé par Haftar, permette aux sociétés opérationnelles de reprendre leurs exportations. Le communiqué précise que les revenus pétroliers continueront d'être déposés dans les mêmes comptes de la NOC. Ces revenus seront conservés pendant une durée déterminée au cours de laquelle deux pistes parallèles seront lancées : i/ une piste garantira la transparence financière, l'égalité des chances et la justice sociale entre tous les Libyens ; ii/ l'autre piste se concentrera sur la restructuration des dispositifs de sécurité pour protéger les installations pétrolières, de manière à ce qu'elles ne soient plus jamais utilisées comme cible militaire ou comme instrument de négociation politique. Les perturbations des installations pétrolières auraient entraîné des pertes d'opportunités de vente atteignant 231 Mds USD depuis 2011.
La Turquie envisagerait de coopérer avec la NOC et des sociétés internationales en Libye dans l'exploration pétrolière et gazière ; la France a décidé de se retirer d’une opération de l’OTAN suite à l’incident entre un navire français et des frégates turques.
La coopération entre Ankara et Tripoli semble encore se renforcer. Le ministre turc de l'Énergie et des Ressources naturelles, M. Fatih Donmez, a annoncé le 28 juin 2020 qu'Ankara envisageait de coopérer avec la NOC et des sociétés internationales en Libye dans l'exploration pétrolière et gazière. Il a déclaré qu'Ankara dépensait environ 40 Mds USD par an en importations de ressources énergétiques, et que ce coût pourrait être réduit par des alternatives locales. De surcroît, lors de sa rencontre avec le PDG de la Compagnie générale d'électricité de Libye (GECOL), M. Ali Sassi, l’ambassadeur de Turquie en Libye, M. Serhat Aksen, a mis en avant l'expertise des entreprises électriques turques pour parvenir, au moins à une solution partielle au problème de l'électricité en Libye, en présentant un ensemble de propositions pour stabiliser le réseau électrique. M. Sassi a indiqué qu’il présenterait ces propositions au Conseil présidentiel (CP) pour approbation, en vue de leur mise en oeuvre. En parallèle, les tensions continuent de monter entre Ankara et Paris. Le 29 juin 2020 à Meseberg en Allemagne, le Président de la République française M. E. Macron a dénoncé la « responsabilité historique et criminelle » de la Turquie dans le conflit libyen, et a réaffirmé que « la France ne soutient pas le maréchal Haftar ». Un porte-parole du Parti turc pour la justice et le développement (parti au pouvoir depuis 2002), M. Omar Glick, a rétorqué le 30 juin 2020 que la France commettait des crimes en Libye et jouait un jeu dangereux. Il a déclaré que les politiques adoptées par le président français en Libye sont « illégales » et constituent des crimes contre l'humanité. M. Mevlüt Çavuşoğlu a de plus accusé la France de tenter de favoriser la présence russe en Libye. Enfin, la France a annoncé le 1er juillet 2020 son retrait temporaire de l’opération de surveillance de l’OTAN en Méditerranée « Sea Guardian », qu’elle appuyait avec des frégates et avions de patrouille maritime. Dans un courrier transmis à l’OTAN le 30 juin 2020, la France exige de ses partenaires qu'ils réaffirment leur engagement à imposer l'embargo sur les armes en Libye, mais aussi que les navires turcs cessent d'utiliser des indicatifs OTAN lorsqu'ils mènent des missions qui ne relèvent pas de l'Alliance. M. Mevlüt Çavuşoğlu a déclaré le 2 juillet 2020 que la France devait présenter des excuses à la Turquie, pour « fausses accusations », concernant l’incident en Méditerranée.
L’Audit Bureau a dénoncé la corruption dans le secteur de la santé en Libye, et la mauvaise gestion du secteur de l’électricité.
Dans son rapport le 16 juin 2020 à la Chambre des représentants à Tripoli (non-reconnue), le chef de l’Audit Bureau libyen M. Khaled Shakshak a déclaré que l’Organisation de fournitures médicales (Medical Supply Organisation - MSO) était un désastre pour le secteur de la santé libyen et que l’importation de médicaments de MSO gaspillait encore plus d’argent public que la contrebande de carburant subventionné. Les médicaments et équipements médicaux importés par la MSO sont subventionnés et remis gratuitement aux patients. Des médicaments subventionnés se retrouvent dans le secteur privé pour être vendus aux prix du marché et introduits en contrebande dans les pays voisins. Par ailleurs, M. Shakshak a déclaré que le ministère de la Santé n'avait pas organisé d’appel d'offres public pour la fourniture d’approvisionnement médical depuis 2011, et qu’il préférait opérer par le biais de contrats directement attribués, ce qui a alimenté la corruption. De plus, il a déclaré que le ministère de la Santé ne disposerait d'aucun système ou mécanisme pour déterminer les besoins globaux en médicaments de la Libye, et qu’il n'a pas non plus mis en place de système de contrôle des stocks capable de surveiller et comptabiliser les produits importés du point d'importation au point d'utilisation. Les produits seraient donc surstockés et atteindraient leurs dates de péremption dans un hôpital, alors que des pénuries sont observées dans certains hôpitaux. D’autre part, l’Audit Bureau a critiqué la mauvaise gestion et la corruption dans le secteur de l’électricité. Selon M. Shakshak, la GECOL, la Banque centrale de Libye (BCL) et les conseillers gouvernementaux seraient responsables du déficit important de production d’électricité en Libye depuis la révolution de 2011. Il a accusé la GECOL d'avoir gaspillé 3 Mds LYD dans des contrats de construction de nouvelles centrales électriques, qui n’auraient pas été mis en oeuvre. Selon lui, avec une meilleure gestion, la GECOL aurait pu générer 2 000 MW supplémentaires pour porter la production libyenne de 5 000 à 7 000 MW. Cela aurait compensé une grande partie du déficit de production d'électricité, à l’origine de coupures de courant récurrentes de 6 à 12 heures par jour. Il a également blâmé la BCL pour les retards dans l'ouverture des lettres de crédit pour payer l'importation des pièces de rechange nécessaires à l'entretien des centrales électriques. Enfin, M. Shakshak a accusé les conseillers gouvernementaux d'avoir décidé de l’ouverture ou non de lettres de crédit par la BCL.
Le Conseil présidentiel (CP) a annoncé le 26 juin 2020 la prolongation du couvre-feu de 10 jours (de 20h à 6h).
891 cas de contamination au Covid-19 et 26 décès ont été confirmés par le Centre national de lutte contre les maladies (NCDC) en Libye au 2 juillet 2020 (dont 336 cas à Sebha dans le Sud de la Libye). Le CP a annoncé le 26 juin 2020 la prolongation du couvre-feu de 10 jours à l’Ouest et au Sud du pays (de 20h à 6h) jusqu’au 7 juillet, avec un couvre-feu total les vendredis et samedis.

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